Edition de Lunéville | Lunéville : des chevaux peints en live aux Rencontres équestres

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Liska Llorca s’éloigne un peu, jauge la surface de 5 m sur 2,5 m à laquelle elle va donner vie et couleur, puis s’avance d’un pas aussi assuré que son geste : avec un large pinceau plat, elle suit les courbes d’un des chevaux qui servent son œuvre à la peinture acrylique plastique. Ils sont partout, sur les quatre surfaces d’une toile « qui boit bien la peinture, mais pas trop, brille, mais pas trop, capte la lumière, mais pas trop ». Ce dimanche, Liska Llorca se concentrait sur les deux fonds noirs, passant de l’un à l’autre sans un mot. « Quand je peins, il me faut le silence. Je refuse de parler. Ça n’est pas très gentil avec le public. Et je suis tout le contraire ! », sourit l’artiste basée à Vendôme, dans le Loir-et-Cher.

Quand elle prépare sa matière, aux tons bleus et jaunes, cette native des Deux-Sèvres d’un « père bourguignon » et d’une « mère pied-noir espagnole » est plus prolixe. Elle parle de son amour des chevaux « depuis que j’étais dans le ventre de ma mère ! ». Rien d’une passion familiale, au contraire du dessin, que son frère exerce comme illustrateur de BD. « Mon premier cheval en vrai, je l’ai vu à l’âge de 6 ans. Avant, ma seule manière de les approcher, c’était de les dessiner, avec toutes les couleurs possibles », confie l’artiste qui avait exposé une toile aux Rencontres équestres 2015, grâce à Artcheval, et revenue pour cette édition 2016 avec l’appui de cette même structure.

La juste harmonie

Autodidacte, Liska Llorca a eu la révélation de sa thématique préférée il y a 12 ans. « Mon fils Amauray faisait du poney. Il faisait un froid de chien et je ne rêvais que de rentrer chez moi ! Il montait et s’est placé près de moi en me disant ‘’maman, dessine-moi’’. A partir de là, c’est devenu une évidence. J’ai commencé par de petits formats, puis de plus en plus grand. J’ai la chance d’avoir un hangar mis à ma disposition par la responsable du centre équestre de ma ville ».

En même temps que les chevaux grandissent sur sa toile, le coup de patte de la dame brune à la robe rouge et les mains aussi piquées de couleurs que ses tableaux XXL, gagne en notoriété. « J’ai eu l’honneur de peindre un cavalier du Cadre noir de Saumur, avec la collaboration de Laurence Sautet ». Sa façon de peindre en direct a conquis le jury des rencontres équestres des Saintes-Marie-de-la-Mer, où elle a gagné un concours, deux ans plus tôt.

Cette forme d’expression lui sied. Et plus encore dans un cadre comme celui du château de Lunéville. « Je n’ai connu cette grâce nulle part ailleurs. On retrouve cette même grâce de la part des cavaliers et des chevaux, qui ne peut qu’être inspirante », assure celle qui réalise aussi des happenings avec des danseurs ou des conteurs. Mais le plus souvent, ce sont les équidés ses partenaires. « Quand ils sont sur la piste, il y a une énergie qui atterrit sur la toile. J’admire le travail du cavalier, dans la recherche du geste, de la juste harmonie. C’est un peu comme dans la peinture. On fait le même boulot et quand on s’associe, c’est formidable ! ».

Signature

Liska Llorca est son nom de plasticienne. « Llorca est le nom de jeune fille de ma grand-mère espagnole. J’ai voulu lui rendre hommage et remettre son nom dans l’histoire famililale car il disparaissait. Liska est le prénom qu’on me donne depuis que je suis petite. Il signifie ‘’renard’’ dans les langues de l’Est. Ça m’allait plutôt bien : enfant, je passais mon temps dans les chemins creux, toujours couverte de boue ! », confie l’artiste qui répond au prénom d’Anne-Lise pour l’état civil.

Que vont devenir ses toiles immenses, plantées dans le gazon des Bosquets ? La question n’était pas tranchée ce dimanche.

Pascale BRACONNOT

via Edition de Lunéville | Lunéville : des chevaux peints en live aux Rencontres équestres

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